Introduction

L’organisation spatiale de l’habitat en Bretagne est caractérisée par un habitat dispersé sous forme de hameaux de 3-4 foyers, à l’origine des petites fermes mais dont beaucoup désormais sont soit à l’abandon, soit fusionnées en une grande exploitation agricole, soit reconverties à des fins résidentielles. Ces nombreux hameaux dépendent de villages eux même bien répartis sur toute la région, dont les quelques dizaines de maisons mitoyennes regroupent autour d’une ou deux rues les services de proximité : école, mairie, église, commerces. Les villes, qui offrent les services de niveau supérieur (lycée, préfecture, hôpital…), sont implantées sur des sites plus spécifiques : sites portuaires, sites de ria, bord de fleuve. Ceci explique une armature urbaine régionale très particulière pour la péninsule bretonne, avec un cercle urbain dense sur les côtes et un centre peu peuplé, à l’exception notable de Rennes qui bénéficie d’une situation de tête de pont vers Paris.

L’évolution d’ensemble est marquée par une tendance lourde liée à l’exode agricole, qui se traduit par un exode rural et une concentration des populations vers les villages puis vers les villes qui deviennent des agglomérations importantes. Cette tendance est renforcée en Bretagne par un tropisme littoral (tourisme, résidences secondaires, retraite…) qui a engendré un mitage important de l’espace agricole littoral et un étalement urbain en conurbations plus ou moins jointives.
Entre les deux extrêmes, du hameau désertifié du centre Bretagne ou de la station balnéaire totalement urbanisée (voir bloc littoral), le cas le plus courant qui est traité ici est celui d’une mutation du bourg rural et d’une extension de la ville suivant 5 phases : 1800-1910, 1910-1950, 1950-1975, 1975-1990, 1990-2012.

La configuration proposée en synthèse graphique est donc celle d’un village rural dont l’évolution au cours du siècle dernier est liée à l’arrivée de l’électricité, la disparition des fonctions agricoles (foires), le développement de la voiture, la généralisation de l’habitat en maisons individuelles, la déliquescence des circuits courts (notamment quasi disparition des potagers et explosion des supermarchés). Toutes ces évolutions ont impacté la morphologie des bourgs, entraînant par petites touches successives une transformation profonde du paysage qui est mise en évidence par les séries photographiques et explicitée dans les représentations en vue perspective. Les aspects les plus caractéristiques sont détaillés dans des zooms thématiques : le patrimoine bâti, la place publique, les entrées et sorties de bourg.

La ville enregistre les mêmes tendances, accentuées par une très forte extension spatiale qui se traduit notamment par l’explosion des réseaux de transport, des zones commerciales et des zones pavillonnaires. Les zooms thématiques abordent de manière plus spécifique : les réseaux ferrés, l’aménagement et le mobilier urbain, le « végétal » dans la ville, l’habitat périurbain.
On mesure ici, au fil des phases d’évolution et des thèmes proposés, les mutations radicales qui ont affecté le cadre de vie de la grande majorité de la population bretonne. La transformation des paysages urbains qui est donnée à voir via les photographies ne s’arrête pas en 1970 ou l’an 2000 : il s’agit d’un processus continu encore à l’œuvre sous nos yeux.

C’est sur ces paysages que nous pouvons réfléchir et agir, à titre individuel ou collectif, privé ou public.

Gausson n°1Gausson n°1
1996
Le réseau aérien est très marquant sur cette place. Face à l'église, un monument aux morts est érigé.

Thibaut Cuisset © Observatoire photographique national du paysage / Ministère – Itinéraire n°5: CAUE 22 – droits réservés
Gausson n°3Gausson n°3
2003
L'ensemble du centre bourg a fait l'objet d'une opération de réhabilitation. Le monument aux morts est déplacé laissant place à des escaliers marquant l'entrée de l'église. À gauche, des places de parking ont été aménagées. Le sol est marqué par différents matériaux ordonnant l'espace. Des arbres et un massif fleuri « embellissent » la place.

Max Grammare © Observatoire photographique national du paysage / Ministère – Itinéraire n°5: CAUE 22 – droits réservés
Dynamique de la ville et du bourg

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